MedBase

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Santé: le premier centre médical romand Migros ouvre lundi à Cornavin.

Dès lundi, les Genevois pourront se rendre à la Migros de Cornavin pour remplir leur panier de commissions… ou pour se faire soigner. Le géant orange a en effet choisi la gare pour déployer ses activités médicales à Genève. Dans un espace de 760 m2, se regroupent des cabinets médicaux et un centre d’urgences. Avec pour l’instant six généralistes et un chirurgien orthopédique à bord. A terme, ils seront une dizaine.

Ce cabinet de groupe baptisé Medbase représente une première en Suisse romande. Il vient compléter une offre de 35 centres établis en Suisse alémanique. Pourquoi la chaîne de supermarchés investit-elle dans la santé? «Migros a décidé d’élargir son champ d’action en conformité avec ses statuts, explique le Dr Marc Cikes, patron de Medbase Romandie. Dès le départ, le fondateur Gottlieb Duttweiler voulait faire autre chose que de la vente au détail. Il entendait se mettre au service du bien-être de la population». Et de rappeler que le géant orange investit également dans l’enseignement et la culture, via ses écoles-club et le Pour-cent culturel.

Bénéfices réinvestis

Business juteux, la santé ne représente-t-elle pas un moyen de gagner de l’argent? «Migros est une coopérative, rétorque Marc Cikes. Tous les bénéfices sont réinvestis, nous n’avons pas d’actionnaires à servir. Du reste, l’exploitation d’un cabinet médical ne représente pas un domaine extrêmement lucratif.»

Quelle clientèle vise-t-on dans une zone de transit où naviguent des populations de toutes sortes? «Nous ciblons les habitants du quartier et les nomades urbains qui passent par Cornavin et apprécieront d’accéder à une offre de santé», répond Marc Cikes. Selon lui, cette nouvelle offre – qui s’ajoute à une palette médicale fort riche à Genève – ne contribuera pas à la hausse des coûts de la santé. Migros a regroupé des médecins qui exerçaient déjà ailleurs, auxquels s’ajoutent deux docteurs venus des Hôpitaux universitaires. «On les a convaincus de nous rejoindre car notre groupe n’est pas mû par l’appât du gain. Nous nous centrons sur les besoins réels des patients. De plus, nous offrons une grande flexibilité dans les horaires, les médecins peuvent travailler à temps partiel sans s’acquitter de charges pleines.»

«Pas de soins M-Budget»

Medbase ambitionne même d’infléchir l’augmentation des coûts. Comment? En établissant des coopérations avec d’autres acteurs de la santé. «Nous voulons travailler sur la qualité, coordonner le suivi des patients, éviter des soins inutiles et des gestes superflus, en nouant des accords avec les hôpitaux, des cabinets de radiologie, des laboratoires et aussi le réseau Delta.»

Interrogé, le représentant des médecins n’est pas hostile à la venue de ce nouvel acteur. «Je n’y vois pas d’inconvénient, a priori c’est un acteur comme un autre», réagit le Dr Michel Matter. Le président de l’Association des médecins de Genève soulève toutefois des questions. «Migros va-t-il vouloir grandir et s’imposer dans le secteur de la santé? Verra-t-on nos données médicales enregistrées sur nos cartes

cumulus? A terme, aurons-nous une assurance-maladie, une pharmacie Migros? Attention à la protection des données!» Le médecin met également en garde contre «une médecine M-Budget. Nous devons être attentifs à la qualité et à la formation des médecins. Ce n’est pas parce que l’on est dans une gare qu’il faut se diriger vers une médecine light ou rationnée.»

Situé en face du magasin, le groupe médical accueillera des patients avec ou sans rendez-vous, du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h et jusqu’à 21 h dès le mois de mai. Une ouverture les samedis et dimanche est également envisagée. A noter que Migros prévoit d’ouvrir d’autres centres en Romandie: à l’automne 2018 en gare de Lausanne puis fin 2019 dans la gare CEVA de Lancy-Pont-Rouge.